Éditer la poésie (XIXe–XXIe siècle). Histoire, acteurs, modes de création et de circulation.

Organisateur : Serge Linares

Séances du séminaire

À venir

  • Quatrième séance

    Pierre Laforgue, « Hugo/Hetzel (1852-1859), le poète et l’éditeur »
    Les relations entre Hugo et ses éditeurs changent du tout avec l’exil. Jusqu’en 1851, les éditeurs de Hugo sont nombreux, et les rapports qu’il entretient avec eux sont assez souvent orageux, pour ne pas dire conflictuels. Passé le temps des débuts où il publiait là où l’occasion se présentait, Hugo élabore peu à peu une stratégie éditoriale complexe, pour ne pas dire compliquée. Pour cette période d’avant l’exil on dispose de l’étude très fouillée de Seebacher « Victor Hugo et ses éditeurs avant l’exil » (Massin, t. VI, p. I-XV). À partir de l’exil, les conditions de publication se modifient entièrement. Il n’est plus question pour Hugo de faire la chasse aux éditeurs et d’en changer d’un ouvrage à l’autre. Dans un premier temps, après la publication de Napoléon le Petit chez le libraire-éditeur belge Tarride avec qui Hetzel l’a mis en relation, Hugo prend pour éditeur Hetzel (Châtiments, Les Contemplations, La Légende des Siècles) ; dans un second temps, quand Hugo entre sa phase de prose (Les Misérables, etc.), il fera affaire avec Lacroix. Dans le cadre de ce séminaire sur l’édition de la poésie ce sera à Hugo et Hetzel de 1853 à 1859 que la conférence sera consacrée. Les instruments de travail obligés sont l’ouvrage de Parménie et Bonnier de La Chapelle, Histoire d’un éditeur et de ses auteurs. P.-J. Hetzel (Stahl), Albin Michel, 1953, et des deux volumes de la correspondance de Hugo et Hetzel par Sheila Gaudon, Klincksieck, 1979, t. I (1852-1853) et 2004, t. II (1854-1857). L’ouvrage de Parménie et Bonnier de La Chapelle est devenu un respectable classique, mais il est encombré de multiples erreurs ; le travail de Sh. Gaudon, nettement plus récent, peut-être considéré comme définitif, il est juste regrettable que le t. III n’ait pas vu le jour.

    Pierre Laforgue. Professeur émérite de Littérature française du XIXe siècle à l’université de Bordeaux Montaigne. Recherches sur Hugo, Balzac, Stendhal, Sand, Baudelaire, Genet, Césaire, ayant donné lieu à un certain nombre d’ouvrages. Recherches en sociocritique, génétique et sociogénétique. Dernières publications : Le roi est mort. Fictions du politique au temps du romantisme (1814-1836), Garnier, 2019 ; Balzac, fictions génétiques I et II, Garnier, 2017 et 2023 ; Hugo, Les Misérables, GF-Flammarion, 2021, 2 vol. ; Hugo, La Légende des Siècles, GF-Flammarion, 2023.

    Gérard Macé, « Le sens à l’épreuve de la typographie »
    Entretien avec Nicolas Krastev-Mckinnon et François Sagot (Université Sorbonne Nouvelle)

    Les formes fixes ayant volé en éclat, l’édition d’un livre de poèmes nécessite à chaque fois, ou presque, une invention de la part de l’auteur et de l’éditeur. Sans parler du Coup de dés ou des Calligrammes, exemples majeurs, le livre de poèmes obéit à des choix pour tout : le papier, la mise en page, la typographie, la disposition des blancs, etc. À quoi il faudrait ajouter des préoccupations bibliophiliques, ainsi que le compagnonnage avec des peintres ou des photographes.
    Cette attention à la forme du livre est-elle au service du sens, ou contribue-t-elle à l’effacer ?

    Gérard Macé est né à Paris en 1946. Depuis son premier livre, Le Jardin des langues, paru en 1974, il a édité chez Gallimard, au Promeneur, au Bruit du temps et aux éditions Le temps qu’il fait, une œuvre considérable par sa singularité et sa cohérence. Des livres brefs, souvent à la frontière de la poésie et de l’essai où, mêlant l’érudition à la rêverie, il approfondit sans cesse les mêmes thèmes fondamentaux : l’acquisition ou la remémoration de l’écriture ou d’une langue à jamais perdue (Leçon de chinois, Le Dernier des Égyptiens), la recherche du secret que recèlent les traces d’une mémoire engloutie dont les contes ou les rêves sont souvent les meilleurs dépositaires (Bois dormant, Les Trois Coffrets). Ces dernières années, Gérard Macé est revenu à la forme du poème (Promesse, tour et prestige, 2009) en même temps qu’il donnait, sous le titre général de Pensées simples, des recueils de réflexions, notes de lecture, souvenirs et anecdotes.

    Agrégé de Lettres Modernes, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, Nicolas Krastev-Mckinnon est doctorant en littérature française à la l’Université Sorbonne Nouvelle. Sous la direction de Serge Linarès, il s’intéresse aux métamorphoses de l’écriture fragmentaire, à partir d’un corpus étendu des XXe et XXIe siècles (Cioran, Valéry, Yourcenar, G. Macé, Cocteau, Reverdy).

    François Sagot est agrégé de lettres modernes et conduit un projet de thèse auprès des Universités Sorbonne Nouvelle et Ghent Universiteit, sous la direction conjointe de Serge Linarès et Pierre Schoentjes. Il s’intéresse aux marais et, plus largement aux zones humides dans la poésie et le roman français et francophones du XXe siècle.

    Université Sorbonne Nouvelle, Maison de la Recherche, salle du Conseil
    4 rue des Irlandais, 75005 Paris

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