Dynamiques interculturelles

Responsables : Laetitia Zecchini, Olivier Penot-Lacassagne, Sarga Moussa

Cet axe défend une conception de la littérature et des arts considérés comme parties prenantes de cultures géographiquement et historiquement situées, cultures elles-mêmes déjà conçues comme plurielles, perméables, en perpétuelle réinvention. Ces processus sont à la fois au fondement des pratiques littéraires et artistiques, mais aussi de « la » modernité qui, depuis le XIXe siècle, peut être conçue comme le résultat d’une accélération d’emprunts, de traductions, de circulations et de transactions entre formes, langues et héritages multiples, accélération que la postmodernité a exacerbée.

Les chercheurs et enseignants-chercheurs de cet axe, qui se distingue par le caractère international ou transnational de nombreux objets d’études et de recherche (avec et entre la Russie et les ex-républiques soviétiques, les États-Unis, le Canada, l’Europe, l’Inde, l’Asie du Sud et du Sud-Est, l’Égypte et le Maghreb, l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine, la Nouvelle-Zélande, etc.) s’intéressent à l’interculturalité au sens large, impliquant tout à la fois des phénomènes de transculturalités à l’intérieur d’une même culture et des transferts culturels qui résultent de la mise en contact de cultures différentes.

Leurs travaux portent sur la question des mobilités ou des migrations sous toutes ses formes (y compris métaphoriques et symboliques : ce sont aussi des idées et des formes qui migrent, se décomposent et se recomposent), sur les phénomènes de traduction, de métissage, d’hybridation, d’appropriation (conséquence évidente des circulations et des échanges culturels), mais aussi de détournement, d’appauvrissement et de re-sémantisation qui sont à l’œuvre. Ils élaborent une critique à la fois locale et globale, centrée et décentrée de la littérature et des arts, considérés, à l’âge de l’industrie mondialisée du divertissement culturel, comme des lieux possibles d’émergence mais aussi de réévaluation de catégories comme celles d’universalisme, de cosmopolitisme et de mondialisation.

La « pensée postcoloniale », entendue comme registre de questionnement critique et produit dialectique de l’interdépendance entre cultures et histoires occidentales et non-occidentales, est l’une des dimensions importantes de cet axe. Néo-colonialisme, « colonisés intérieurs » et « cause des peuples » (indépendantisme, régionalisme), objets souvent exclus des études postcoloniales, en constituent l’autre dimension, permettant l’expression d’une critique « post-exotique » du fait colonial et de ses avatars contemporains. L’écocritique, définie comme déconstruction des paradigmes d’une modernité acosmique, refondation théorique et pratique du rapport à la terre, contribution à une nouvelle mondialisation, est une autre dimension majeure de cet axe. Il en est de même pour la francophonie, à la fois langue et littérature au pluriel, créolisation multilingue, réflexion sur les enjeux de la littérature dans les contextes coloniaux et postcoloniaux.

Dans le cadre de l’EUR « Transliterrae », plusieurs chercheurs de l’UMR qui s’intéressent à la traduction comme pratique de réinvention, explorent les notions de « transferts culturels » et d’« esthétique de la translation » dans le champ des arts et de la littérature.

Puisque les aires culturelles couvertes par les recherches menées à l’UMR THALIM concernent tous les continents, la littérature française du XIXe au XXIe siècles, qui constitue l’un des points forts du laboratoire, a tout à gagner à s’insérer dans cette perspective interculturelle, laquelle devrait contribuer à une recherche novatrice, désenclavée, à la frontière des disciplines.

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