Khalil Khalsi

Khalil Khalsi est docteur en Littérature comparée de l’Université de Montréal et de La Sorbonne Nouvelle (Paris-3). Il a été journaliste culturel à Tunis avant de travailler comme consultant auprès de l’UNESCO à Paris. Il se consacre actuellement à deux problématiques de recherche : d’un côté, en Humanités environnementales, il s’intéresse aux subjectivités autres qu’humaines et à la manière dont la création, notamment littéraire, est à même de faire émerger de nouveaux agencements cosmologiques ; de l’autre, en Études migratoires, il se penche sur les épistémologies et les mises en récit de la crise dite migratoire actuelle dans la littérature et les arts. Il est l’auteur de plusieurs articles scientifiques et a signé diverses chroniques dans les revues québécoises "Liberté", "Spirale" et "Lettres québécoises".

Thèmes de recherche :

  • Littérature générale et comparée, littératures de langue française
  • Épistémologies et écritures de l’individualité, de la subjectivité et des inter-/trans- subjectivités
  • Études culturelles et postcoloniales : interculturalité, exil, migrations (mises en récit et épistémologies), subjectivités migrantes
  • Humanités environnementales : cosmologies, relations entre humains et autres existants, subjectivation des autres qu’humains
  • Interdisciplinarité : anthropologie, sociologie, philosophie
  • Intermédialité : littérature, arts visuels, médias

Principales publications :

  • Dossier thématique « Récits d’exil : la part du silence », in Spirale, n˚277, automne 2021.
  • « Homelessness and Urban Parasitism : Diagnosing the City’s Malaise », in Parasites. Exploitation and Interference in French Thought and Culture (dir. Matt Phillips & Tomas Weber), éd. Peter Lang, coll. « Modern French Identities », Berne, 2018, pp. 31-52.
  • « L’espace interstitiel, lieu des possibles. Le futur selon Volodine », in Contemporary French and Francophone Studies (SITES), Volume 21 (2017), no. 3, pp. 323-336
  • « Cosmopolitisme et littérature-monde chez Abdelwahab Meddeb : une pensée mystique », in Zizanie, vol. 1, no 1 (automne 2017), pp. 78-92. En ligne. http://www.zizanie.ca/cosmopolitisme-et-litterature-monde.html
  • « Sur la route avec l’animal en soi : la destinée selon Henry Bauchau », in Revue internationale Henry Bauchau, n°7, printemps 2015 (dir. Catherine Mayaux et Myriam Watthee-Delmotte), pp. 265-278.-
  • (À paraître, courant 2022) « Concevoir les existants.es. Les subjectivités autres qu’humaines en sciences humaines et sociales » (en codirection avec Magali Uhl), Cahiers de recherche sociologique.
  • (À paraître fin 2021) « Sous les visages. Transmigration et impersonnalisation dans le post-exotisme », in Nouvelles Études Francophones (dir. Loïc Bourdeau & Alexandre Gefen).
  • (À paraître fin 2021) « Migrants sans figure. Une hospitalité par l’imaginaire est-elle possible ? », in L’écriture de la migration dans la littérature et le cinéma contemporains pour adultes et pour enfants : frontières, passages, errances et figures du tragique (dir. Anne Schneider), coll. « Voix de la Méditerranée », Edizioni Universitarie Romane, Rome.

Thèse : Par-delà le rêve et la veille : la fin du monde. Une approche cosmologique de l'entre-deux. S. Hedayat, I. al-Koni et A. Volodine

Directeur(s) de thèse : Xavier Garnier, Simon Harel (Université de Montréal)

Cette thèse propose d’étudier l’entre-deux du rêve et de la veille sous un angle cosmologique. Notre hypothèse est que chacun des textes du corpus véhicule une vision particulière du monde médiée par un plan interstitiel à travers lequel les protagonistes négocient leur identité ainsi que leur rapport au monde, notamment en contexte d’apocalypse culturelle. Dans le cha-pitre zéro, nous inscrivons notre propos dans le champ discursif contemporain s’attelant à réévaluer le concept de « grand partage » sur lequel se base l’ontologie moderne (Descola, Latour, Morin). Cette déconstruction nous amène à considérer le rapport de médiation que rêve et réel peuvent entretenir dans un contexte de crise de l’imagination (Augé), de sorte à interroger le type de réel porteur d’avenir que cette logique dialectique (Benjamin) permet d’envisager. À l’aune de ce dispositif épistémologique, le premier chapitre s’intéresse au ro-man La Chouette aveugle (Bouf-e-kour) de l’Iranien Sadegh Hedayat (1936). À travers l’entre-deux du rêve et de la veille, transparaît l’effondrement de la cosmologie perse antique, qu’un ange-femme signifie au narrateur en venant mourir dans son lit ; l’analyse herméneu-tique et sémantique du texte révèle le basculement d’une vision du monde prémoderne, basée sur le déchiffrement du Réel imaginal par l’« angélophanie » (Corbin), à une perspective spectrale soumettant le présent à l’intempestivité d’une origine irrévocablement morte (Derri-da). Dans le second chapitre, l’analyse de Poussière d’or (al-Tibr) du Touareg Ibrahim al-Koni (1990) fait apparaître l’entre-deux comme le socle d’une structure cosmique où les êtres s’opposent et se complètent entre visible et invisible (Claudot-Hawad) ; à travers la descente aux enfers que vit le protagoniste entre rêve et veille, l’étude cosmologique dévoile toute une écologie qui étend le territoire de l’humain à travers celui de l’esprit et de l’animal, de sorte à le faire accéder à « l’unité de l’existence » dont le désert est l’équation. Le troisième et dernier chapitre se consacre à l’analyse du Port intérieur d’Antoine Volodine (1995), et du post-exotisme en général, qui imagine l’entre-deux du rêve et de la veille comme un médium de transmigration ; nous proposons de voir comment l’apocalypse, sans cesse réactivée, lève le voile sur l’horreur du réel que les personnages réélaborent dans une éternelle transition. En-fin, la mise en écho de ces trois œuvres permet de considérer la capacité du rêve à générer du réel au seuil de l’inconnu de l’avenir, que la littérature invite à reconcevoir par le biais d’une refondation cosmologique.


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