Ateliers Manart : les manifestes en littérature et en art (2017) Le numérique au service d’un corpus transversal

Organisateurs : Camille Bloomfield, Viviana Birolli, Mette Tjell, Audrey Ziane

Les ateliers du Campus Condorcet

« Manart, les manifestes en littérature et en art »

Un atelier animé par Camille Bloomfield (Université Paris 13/Université Paris 3) ; Viviana Birolli (Université Paris 1/EHESS) ; Mette Tjell (Université de Göteborg/EHESS) ; Audrey Ziane (Université Aix-Marseille, Telemme)

Soutenu par :

Université Paris 13 Nord (programme « Délivrez-nous du livre », Pléiade),
Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (Thalim),
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Hicsa),
Université de Göteborg (DHN),
Université Aix-Marseille (Telemme)

Présentation :

L’atelier fait de la base de données sur les manifestes artistiques et littéraires Manart (www.basemanart.com) le point de départ d’un questionnement sur les spécificités du manifeste et les enjeux de son traitement à l’ère des humanités numériques. Par le biais de cinq séances de travail, l’atelier se propose un objectif double :

- d’une part d’enrichir la connaissance critique sur le manifeste, en le réinscrivant tout d’abord dans les recherches sur l’engagement des artistes et écrivains, et sur les discours produits pour dire cet engagement et les programmes associés. Dans la lignée d’un travail entamé en 2013, les séances permettront un élargissement des études sur la question, entre histoire des grandes évolutions du manifeste et études de cas particuliers. Partant des grands repères dans l’histoire du genre (liés aux avant-gardes historiques), un travail de « défrichage » permettra ensuite de se décentrer pour identifier des manifestes moins connus de l’historiographie, soit parce qu’ils appartiennent à une sphère géographique considérée comme périphérique (Scandinavie, sous-continent indien…), soit parce qu’ils ne se rattachent pas facilement à une discipline traditionnelle du genre (littérature, peinture). En effet, l’une des forces du manifeste est qu’il apparaît désormais autant « dans le livre » qu’« hors du livre » : performances, œuvres sonores, installation d’art contemporain ou même d’ateliers d’artistes (« manifestes in situ »), et bien sûr textes numériques vouées à une diffusion exclusivement électronique… Le défrichage se fera donc aussi sous un angle transdisciplinaire.

- d’autre part, les ateliers se proposent d’accompagner une réflexion méthodologique sur l’utilisation du numérique pour le traitement d’un corpus patrimonial protéiforme. Conçue pour permettre aux chercheurs de conduire des recherches qualitatives et quantitatives, la base Manart est à l’origine d’une méthodologie de travail originale, ouvrant à terme sur la visualisation de données et la construction d’une histoire visuelle du manifeste. Outil collaboratif, Manart s’inscrit aussi dans le mouvement de l’open access (pour une mise à disposition des données de la recherche). Les ateliers seront l’occasion d’identifier des « bonnes pratiques », en nouant un dialogue avec les porteurs d’autres projets plus aboutis sur des corpus similaires et les conservateurs travaillant dans la même direction, pour viser, selon l’expression de Jérôme David, non plus la production d’un “big data”, mais plutôt celle d’un “smart data” – où la numérisation de textes n’est pas une fin en soi mais la première étape d’un travail fin de valorisation des collections existantes.

Séance 1 : Balisage : les grands repères dans l’histoire du manifeste et présentation du projet Manart

  • Date : 18 janvier 2017, 14h30-17h30, Paris 3
  • Cette première séance vise à faire un état de l’art de la critique sur les manifestes, en commençant par resituer cette recherche dans un questionnement plus large, d’ordre sociologique, sur la responsabilité des écrivains et leur engagement, et sur les mouvements d’avant-garde par lesquels le genre manifestaire s’est fait connaître – ces « ismes » qui ont marqué le XXe siècle. La séance sera aussi l’occasion, pour l’équipe du projet Manart, de présenter le site www.basemanart.com sur lequel figure notamment la base de données sur les manifestes, construite depuis 2013.

Séance 2 : Défrichage : nouveaux territoires du manifeste _ angle disciplinaire

  • Date : 6 février 2017, 14h30-17h30, Paris 3
  • La deuxième séance de l’atelier Manart portera sur les développements récents du manifeste (notamment à partir des années 1960) sous des formes limites, qui ne cessent de repousser les frontières du genre. Un manifeste est-il toujours un texte ? Peut-il être un lieu, une image, une performance ? Doit-il s’appeler « manifeste » pour être considéré comme tel ou suffit-il que son discours soit manifestaire ? Autant de questions qui montrent à la fois la richesse d’un tel genre et la malléabilité de la notion.

Séance 3 : Défrichage : exploration de nouveaux territoires du manifeste _ angle géographique

  • Date : 24 mars 2017, 14h30-17h30
  • La troisième séance prolongera l’exploration de nouveaux territoires du manifeste sous un angle culturel et géographique. Cette séance favorisera un décentrement du manifeste et des avant-gardes, en explorant quelques usages du manifeste venant de Russie, des pays nordiques et d’Inde. La séance se déroulera principalement en anglais.

Séance 4 : Diffusion : Enjeux de la numérisation et de l’édition en ligne de corpus artistiques et littéraires

  • Date : 28 avril 2017, 14h30-17h30
  • Cette séance vise à confronter des expériences de chercheurs et conservateurs ayant déjà constitué des collections numériques d’objets artistiques ou patrimoniaux, afin d’identifier non seulement les problèmes épistémologiques et techniques que posent de tels corpus, mais aussi les solutions qui y ont été apportées. S’inspirant des conclusions dégagées lors d’expériences réussies, la séance dessinera une sorte de “guide des bonnes pratiques” qui pourra servir tant à Manart qu’à d’autres projets de collection numérique au sein du Campus Condorcet. La séance sera aussi l’occasion d’esquisser les contours d’une histoire visuelle du manifeste.

Séance 5 : Visualisation : restitutions graphiques du corpus manifestaire, théorie et pratiques

  • Date : 16 juin 2017, 14h30-17h30
  • La cinquième séance abordera les techniques de “visualisation de données et de restitution graphique” des recherches ciblées rendues possibles par Manart grâce aux paramètres géographiques, linguistiques, matériels et critiques rassemblés avant et pendant les ateliers. On approfondira les enjeux méthodologiques et les retombées critiques de ces techniques de visualisation statistique, avec pour objectif double de former les chercheurs à l’outil et d’envisager de nouvelles pistes pour leur application à l’étude du manifeste. La participation de designers web permettra notamment de prendre connaissance des dernières pratiques dans ce domaine et de réfléchir à leur application concrète aux collections patrimoniales numériques.

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