Lecture pour le cinquantième anniversaire de tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat Gallimard, 1967

Intervenant : Catherine Brun

Galerie Azzedine Alaïa
18 Rue de la Verrerie, 75004 Paris

En octobre 1967 paraissait Tombeau pour cinq cent mille soldats, aux éditions Gallimard. Cette épopée du très jeune Pierre Guyotat, âgé de vingt-sept ans au moment de la publication, avait été achevée deux années auparavant. Elle fut immédiatement admirée, par les plus grands de l’époque, de Michel Foucault et Michel Leiris à Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre et Roland Barthes, tout en provoquant le scandale.
Emportant dans l’élan de sa langue immédiate, la civilisation occidentale mais aussi la Guerre d’Algérie, où l’auteur fut soldat, la Seconde Guerre mondiale jusque dans son summum, les chambres à gaz,
elle ouvrait la voie à une entreprise sans précédent en français, qui s’étend et s’ampli e aujourd’hui, cinquante ans après : l’œuvre de l’auteur, jusqu’à Joyeux animaux de la misère (Gallimard, 2014) et
Par la main dans les Enfers (Gallimard, 2016), est lue par toutes les générations, jusqu’aux plus jeunes.
Tombeau pour cinq cent mille soldats est maintenant devenu un classique, sans rien perdre de sa force subversive. Pour le cinquantième anniversaire de sa parution, Azzedine Alaïa a souhaité rendre hommage à ce grand texte, en invitant pour une soirée des admirateurs à venir chacun en lire dans la Galerie,
dans l’exposition de Richard Wentworth, un fragment, pour faire sentir le ux de cette épopée
de notre modernité. A cette occasion, une sélection de dessins de Pierre Guyotat sera présentée, là où
ils furent exposés pour la première fois au printemps 2016. Pierre Guyotat est désormais représenté
par Cabinet Gallery, Londres.
Les lecteurs viendront de la musique, du théâtre, du cinéma, des arts visuels, des musées, de l’université, de la littérature et du monde de la pensée, pour ouvrir ensemble, en français et, brièvement, dans les langues où le livre a été traduit, un cheminement au travers de cette œuvre.
18, rue de la Verrerie 75004 Paris

LECTEURS :
Abd Al Malik est rappeur, compositeur-interprète, écrivain et cinéaste. Co-fondateur du groupe
de rap N. A. P., il est l’auteur de cinq albums en solo. Lauréat des Victoires de la Musique à quatre reprises (2007, 2008, 2009, 2011), il est également l’auteur de six livres, dont, récemment, Camus, l’art de la révolte (Fayard, 2016).

Montassar Alaya est acteur, au théâtre et au cinéma, et metteur en scène de théâtre.
Il a notamment joué dans Ouvert la nuit, d’Edouard Baer (2016) ; Je suis en face (2016) ;
Ni reprise ni échangée de Josée Dayan (2010), et, au théâtre, notamment dans Salomé d’Oscar Wilde (2004), Les Amoureux de Goldoni (2013), qu’il a mis en scène. Il a également mis en scène
L’atelier de Jean-Claude Grumberg (2006).

Sébastien Allard est conservateur général du patrimoine. Il est actuellement le Directeur du département des Peintures du musée du Louvre. Spécialiste de l’art du 19e siècle, il a été le commissaire
de nombreuses expositions internationales. En 2018, il sera le commissaire de la rétrospective consacrée à Eugène Delacroix au Louvre et au Metropolitan Museum de New York, ainsi que d’une exposition consacrée aux gures de Corot au musée Marmottan à Paris. Son ouvrage Le Suicide de Gros.
Les Peintres de l’Empire et la génération romantique a reçu le prix de l’essai de l’Académie française en 2011. En 2010, il a été le commissaire de l’invitation au Louvre de Patrice Chéreau.

Marianne Alphant est écrivain. Après avoir travaillé pour le journal Libération de 1983 à 1992,
elle a dirigé les Revues parlées du Centre Pompidou de 1993 à 2010. Elle est l’auteur de trois romans
et de plusieurs essais, dont quatre ouvrages consacrés à Claude Monet ; elle a mené avec Pierre Guyotat le livre d’entretiens Explications (Léo Scheer, 2001).

Martine d’Anglejan-Châtillon est productrice exécutive de Phenomen Films, en charge
du développement du projet DAU. Elle a auparavant été chargée du développement auprès
de la National Gallery, et la Whitechapel Gallery, Londres, de la Rothschild Foundation, et, associée de la Thomas Dane Gallery, a travaillé avec des artistes tels que Glenn Ligon, Steve McQueen, Jean-Luc Moulène.

Jérôme Batout est économiste et philosophe. Directeur général de Publicis Média, il est également conseiller à la rédaction de la revue Le Débat, aux éditions Gallimard.

Peter Behrman de Sinéty est traducteur et écrivain. Enseignant à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, il a collaboré à de nombreuses publications et maisons d’éditions, dont Actes Sud et la New York Review of Books.

Dominique Blanc est actrice. Lauréate de quatre Césars et de trois Molières, ainsi que de la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise en 2008. Membre du jury du Festival de Cannes en 1999 et de la Berlinale en 2001, elle a longtemps collaboré avec Patrice Chéreau, au théâtre et au cinéma, de Peer Gynt, d’Ibsen, en 1981, jusqu’à Phèdre, en 2003, où elle tint le rôle-titre, et La Douleur, de Marguerite Duras (2011 – jusqu’à maintenant). Elle a rejoint la Comédie française en 2015.

Caroline Bourgeois est curatrice en charge de la Collection Pinault. Auparavant directrice artistique
du Plateau-Fonds Régional d’Art Contemporain – Île-de-France, elle a réalisé de très nombreuses expositions de premier plan, puis depuis « Passage du temps », au Tri Postal de Lille en 2007,
« Un certain état du monde », au Garage à Moscou (2009), « Éloge du doute » (Palazzo Grassi, 2011), « Prima Materia », avec Michael Govan, à la Punta della Dogana (2013), « Slip of the Tongue »,
avec Danh Vo (Palazzo Grassi, Venise, 2015-2016).

Stéphane Braunschweig est metteur en scène de théâtre et d’opéra. Depuis 2016, il dirige l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Catherine Brun est Professeur à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Depuis son Pierre Guyotat. Essai biographique (Léo Scheer, 2005), ses travaux portent sur les rapports de la littérature et du politique, le théâtre contemporain, l’écriture de la guerre d’Algérie, la littérature algérienne de langue française.

Universitaire, Bernard Cerquiglini fut professeur aux universités de Paris, Bruxelles et Baton Rouge ;
il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages. Haut fonctionnaire, il fut notamment délégué général
à la langue française et aux langues de France, recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie. Il présente l’émission quotidienne « Merci professeur » sur TV5Monde et est membre de l’Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo).

Michael Dean est artiste. Sélectionnée pour le Turner Prize, la plus importante distinction d’art
au Royaume-Uni, en 2016, son œuvre a été présentée dans de nombreuses institutions telles que Portikus, Francfort (2017) ; Tate Britain, Londres (2016) ; South London Gallery, Londres (2016) ; De Appel, Amsterdam (2015) ; Henry Moore Institute, Leeds (2012) ; elle a notamment été exposée dans des projets de groupe tels que le Skulptur Projekt, Münster (2017) ; le Public Art Fund, New York (2016). Elle avait été incluse dans l’exposition à la Galerie Azzedine Alaïa, en 2016, « Pierre Guyotat, la matière de nos œuvres ».

Valérie Dréville est comédienne. Célébrée au théâtre depuis ses premiers rôles avec Antoine Vitez, elle a engagé des collaborations avec certaines de ses plus grandes gures, dont Antoine Vitez, Krystian Lupa, Claude Régy, Alain Françon, Luc Bondy, Julie Brochen, Thomas Ostermeier et Anatoli Vassiliev. Elle a été artiste associée du Festival d’Avignon en 2008.
Pascal Dusapin est compositeur.

Guillaume Fau est conservateur en chef au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Il est chargé de collections modernes et contemporaines (Pierre Guyotat, Marcel Proust, Antonin Artaud,...). Il a assuré le commissariat des expositions Antonin Artaud (2006), Gaston Leroux (2008) et Pierre Jean Jouve (2013) et a supervisé la numérisation des fonds Flaubert, Proust et Valéry au département des Manuscrits.à la BnF.

Mailys Favraud est comédienne. Formée au Cours Florent, actrice de cinéma et de télévision, elle a joué dans près d’une dizaine de pièces au théâtre, dont, récemment, L’Imprésario de Smyrne, au théâtre de Ménilmontant (2017), Richard III et Athalie, au théâtre du Nord-Ouest (2016 et 2015).

Les expérimentations télévisuelles de Philippe Grandrieux, ses documentaires, ses lms de recherche, ses ctions de long métrage, Sombre (1998), La Vie nouvelle (2002), Un lac (2008) et Malgré la nuit (2016), font référence en termes de photographie, de travail sur le son, d’expérimentation narrative et gurative. Depuis 2005 son travail suscite de nombreuses programmations monographiques (Lussas, France / Australian Cinémathèque, Gallery of Modern Art, Brisbane Australie / Uplink, Tokyo/ Tate Modern, Londres / Cineteca Nacional, Mexico ; Uplink, Tokyo / Tate Modern, Londres / Cineteca Nacional, Mexico / IFF, Belo Horizonte, Sao Paulo, Brésil / IFF, Cali, Colombie / CPH:DOX, Danemark / Lincoln Center, New-York / Harvard Film Archive, USA / IFF Las Palmas, Espagne / Monach University Melbourne, Australie / Courtisane Gent, Belgique / FNC Montréal, Canada / Whitney Museum of American Art, New-York / IFF Jeonju, Corée du Sud...). En 2012 il entreprendla réalisation d’une trilogie consacrée à la vie nue dont chaque mouvement donne lieu à un lm
et à une performance3. Philippe Grandrieux vient de terminer Unrest, dernier mouvement de la trilogie. L’ensemble du travail fera l’objet d’une installation.

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé des Lettres, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, docteur en littérature française et comparée de l’Université Paris-Sorbonne et de philosophie de l’Université d’Oxford, Donatien Grau est conservateur invité au Getty Museum, Los Angeles.
Auteur notamment de Tout contre Sainte-Beuve (Grasset, 2013, Prix François-Victor Noury de l’Institut), de Néron en Occident (Gallimard, 2015), et du Roman romain (Les Belles Lettres, 2017), il co-dirige la collection Figures aux éditions Grasset et a notamment réalisé le livre d’entretiens avec Pierre Guyotat Humains par hasard (Gallimard, 2016).

Michael Heitz est fondateur et directeur des éditions DIAPHANES, maison d’édition basée
à Zurich et Berlin avec une production en allemand, anglais et français dans les domaines de la philosophie, la littérature et les autres arts. A partir de 2017 il dirige la revue trimestrielle « DIAPHANES. Art. Fiction. Discours ».

Jacques Henric est écrivain. Co-fondateur d’Art Press en 1972, il en appartient depuis cette date au comité de rédaction. Auteur d’une dizaine d’essais et de huit récits, il a publié en 2016 Boxe (Le Seuil, collection Fiction & Cie), salué du Prix Médicis Essais et du Prix de l’Essai de l’Académie française.
Il a réalisé au travers des années de nombreux entretiens avec Pierre Guyotat, dont certains ont été recueillis dans Littérature interdite (Gallimard, 1975), et d’autres composent l’essentiel du livre de Pierre Guyotat dans la collection des Grands entretiens d’Art Press.

Colette Kerber dirige depuis sa fondation en 1986 la librairie Les Cahiers de Colette.

Bernard Marcadé est historien, critique d’art et organisateur d’exposition indépendant. Il est l’auteur de Eloge du mauvais esprit (La Différence, 1986), Fémininmasculin/ Le sexe de l’art (Gallimard/Electa, 1995), Il n’y a pas de second degré. Remarques sur la gure de l’artiste au XX e siècle (Jacqueline Chambon, 1999), Marcel Duchamp, la vie à crédit (Flammarion, 2007), 53 œuvres qui (m’)ébranlèrent le monde (Beaux-arts éditions,2010), Magritte (Citadelles & Mazenod, 2016). Il prépare actuellement une biographie de Francis Picabia.

Paul McCarthy est artiste. Il vit et travaille à Los Angeles.

Hans Ulrich Obrist est directeur artistique des Serpentine Galleries, Londres. Il était auparavant commissaire au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Depuis sa première exposition « World Soup » (L’exposition de la cuisine), en 1991, il a conçu plus de trois cents expositions. Ses publications récentes incluent Mondialité, Conversations in Colombia, Ways of Curating, The Age of Earthquakes avec Douglas Coupland etShumon Basar, et Lives of The Artists, Lives of The Architects.

Christophe Ono-dit-Biot est né au Havre en 1975. Agrégé de lettres, il est l’auteur de six romans, Désagrégé(e) (Plon, 2000, Prix La Rochefoucauld) ; Interdit à toute femme et à toute femelle (Plon, 2002), Génération spontanée (Plon, 2004, Prix de la Vocation) ; Birmane (Plon, 2007, Prix interallié) ; Plonger (Gallimard, 2013, Grand Prix du roman de l’Académie Française, Prix Renaudot des lycéens), et Croire au merveilleux (Gallimard, 2017), ainsi que d’un livre d’entretiens avec Enki Bilal, « Ciels d’orage » (Flammarion, 2011). Après avoir été grand reporter, il est aujourd’hui directeur-adjoint de la rédaction
du Point et producteur sur France Culture de l’émission littéraire « Le temps des écrivains »

Rod Paradot est acteur. Lauréat du César du meilleur espoir masculin en 2016, à vingt ans, La Tête haute, il a également tenu le rôle principal de Luna, d’Elsa Diringer, qui sortira dans les salles en 2018.

Melvil Poupaud est acteur. Interprète fétiche de Raoul Ruiz, il a joué dans onze lms du cinéaste,
mais aussi sous la direction d’auteurs tels qu’Eric Rohmer James Ivory, François Ozon, Arnaud Desplechin, Benoît Jacquot, Xavier Dolan.

Aurélien Recoing est acteur et metteur en scène. Interprète de nombreux rôles sous la direction d’Antoine Vitez, il a notamment tenu un des rôles principaux de Tombeau pour cinq cent mille soldats au Théâtre National de Chaillot, qui ouvrit la programmation d’Antoine Vitez en 1981. Il a collaboré au cinéma avec de nombreux metteurs en scène, tels que Philippe Garrel, Andrezj Zulawski, Laurent Cantet, Abdellatif Kechiche, et plus récemment dans Souf er plus fort que la mer de Marine Place.
Formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Chloé Réjon a notamment joué
sous la direction de Bernard Sobel, Simon Abkarian et Stéphane Braunschweig. Elle sera Lady Macbeth à l’Odéon - Théâtre de l’Europe en janvier prochain.

Maël Renouard est écrivain et traducteur. Lauréat du Prix Décembre pour La Réforme de l’opéra de Pékin (Rivages, 2013, traduit en italien), il est également l’auteur de Fragments d’une mémoire in nie (Grasset, 2016, en cours de traduction vers l’allemand et l’américain).