« Le postcolonial dans ses allers-retours transatlantiques : glissements, malentendus et réinvention » Article - 2010

Laetitia Zecchini, Christine Lorre

Revue Française d’Etudes Américaines, 2010, p. 12. ISSN 1776-3061

Résumé

Cet article vise à retracer les enjeux d’une pensée postcoloniale évolutive et à examiner la généalogie des études postcoloniales qui résultent en partie d’échanges intellectuels et de transactions-réinventions entre les deux rives de l’Atlantique. Les deux temps forts de cet échange sont, à partir des années 1970, l’exportation d’une pensée dite poststructuraliste élaborée en France et sa germination dans les universités américaines puis son rapatriement hexagonal. Cet aller-retour a suscité en France certains malentendus. La critique postcoloniale, dans sa forme politique et surtout mémorielle, a pris le pas sur la théorie postcoloniale et sur l’analyse des discours. La méfiance qui règne vis-à-vis d’un courant de pensée qui semble faire entrer certaines disciplines dans une ère du soupçon traduit un malaise spécifiquement français par rapport au brouillage des frontières disciplinaires. Elle révèle également une certaine difficulté républicaine à penser l’articulation entre identités et altérités, à renoncer à un « récit national » du passé colonial, à faire dialoguer mémoires et histoires divergentes. Ainsi, malgré l’émergence d’un débat postcolonial français et francophone, le décentrement que traduisent et qu’accomplissent les études postcoloniales est encore à venir en France. Leur puissance d’ébranlement et de renouvellement semble en tout cas intacte.

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