Du sujet lecteur au sujet du poème approche de l’expérience langagière en littérature par la transsubjectivation - Communication dans un congrès

Frédérique Cosnier-Laffage

Frédérique Cosnier-Laffage, « Du sujet lecteur au sujet du poème  »

Résumé

Parmi les avantages désormais assez unanimement reconnus à l’enseignement du FLE avec les textes littéraires, figure presque systématiquement l’argument d’un possible enseignement de la compétence interculturelle. La littérature, comme « outil de médiation interculturelle » (Godard, 2015 : 49), permet « de porter un nouveau regard sur l’Autre et sur soi » (Defays et al., 2014 : 33). Au centre des apprentissages, la notion de sujet (ou de subjectivité), et son parangon le sujet lecteur, est alors étroitement associée à son activité emblématique : l’interprétation. L’activité de lecture semble s’organiser autour de deux pôles considérés comme constitués, d’une part celui du texte, d’autre part celui du lecteur. Or, Chloé Laplantine rappelle que Benveniste, dès son célèbre article écrit en 1951 (Benveniste, 1966), annonçant entre autres ses recherches sur le langage poétique avec Baudelaire, permet de penser plus généralement « une véritable théorie de la lecture », par la « critique d’une représentation fermée du "sens" du poème, et la découverte tout autre de sa signifiance, de la constitution de cette signifiance par le lecteur, de la transformation de celui-ci par cette activité » (Laplantine, 2008 : 151). Ce serait en effet par l’idée d’une transformation réciproque des sujets, à l’œuvre dans le langage poétique, que l’on pourrait dépasser « les vieilles antinomies du "moi" et de l’"autre" » (Benveniste, 1966 : 260). Cette transsubjectivation serait à l’origine d’un sujet du poème (Martin, 2017). Il s’agira dans la communication de revenir sur les fondements théoriques de cette proposition, et d’en dégager quelques pistes pour une didactique renouvelée du texte littéraire en classe de FLE.

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