Zacharie Signoles

ATER à l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle

Agrégé de Lettres Modernes, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, Zacharie Signoles-Beller prépare une thèse sur les textes journalistiques de Pierre Mac Orlan, sous la direction de Alain Schaffner.
En s’intéressant à la production mineure d’un auteur mineur, il cherche à donner toute sa place à la littérature médiatique de l’entre-deux-guerres, et contribue à valoriser l’oeuvre d’un écrivain journaliste délaissé de l’histoire littéraire, ainsi que celui d’autres écrivains plus ou moins oubliés, comme Francis Carco ou Joseph Delteil.
Secrétaire et membre fondateur de la Société des Lecteurs de Pierre Mac Orlan, il coordonne le numéro de la revue annuelle de l’association, et organise des colloques et des expositions.
Il participe au Labex "LittéPub. Littérature publicitaire et publicité littéraire" mené par Myriam Boucharenc et Laurence Guellec, dont l’objet s’inscrit dans le prolongement de ses recherches.
Egalement membre du projet innovant "Ecrivez-le avec des fleurs. Métaphores et métamorphoses florales XIXe-XXIe siècles", lancé en 2012 et soutenu par l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle, en relation avec le programme ANR "Animots", il s’est notamment intéressé dans ce cadre aux rapports entre le végétal et la littérature.

Thèse : "Une sorte de reportage sentimental" : littérature et journalisme dans l'oeuvre de Pierre Mac Orlan (1919-1939)

Directeur(s) de thèse : Alain Schaffner

Dans sa préface à La Vénus internationale, Pierre Mac Orlan (1882-1970) propose une clef de compréhension d’une partie de son œuvre : « Comme la plupart de mes ouvrages, c’est une sorte de reportage sentimental sur des époques inachevées ou en gestation. » Mais le reportage, avant d’être un modèle pour le roman de l’entre-deux-guerres qui est confronté à une énième crise, est une pratique. Comme la plupart de ses contemporains, Pierre Mac Orlan est un écrivain-journaliste, et une partie de notre thèse consiste à constituer une bibliographie de référence, recensant et analysant les articles parus dans Détective, Marianne, Paris-Soir, Le Figaro ou L’Intransigeant, pour ne citer que les plus connus.
Dans un contexte d’interpénétration des milieux journalistique et littéraire, et d’autonomisation progressive du champ médiatique, le journal peut être comparé à l’une de ces boutiques que l’on rencontre dans les textes de Mac Orlan. Il constitue une vitrine puisque les romans qui paraissent en feuilleton, ou bien encore les reportages en série, sont repris en volumes par les mêmes maisons d’édition qui possèdent le journal. Il constitue aussi un fonds de commerce, dans la mesure où la plupart de ces textes parus dans la presse se retrouvent, à des niveaux divers, intégrés dans des romans. Enfin, espaces de transaction et d’échange, la boutique et le journal constituent un lieu privilégié pour trafiquer avec le réel, rendant poreuse la frontière entre fiction et diction, ainsi qu’avec les genres établis. Le journal semble ainsi le laboratoire de l’œuvre romanesque en même temps qu’il devient un modèle ambivalent du roman. En nous intéressant plus particulièrement au cas du reportage, nous cherchons à montrer combien son objet n’est plus seulement l’actualité journalistique, mais c’est aussi et surtout la description ou la révélation d’un esprit d’époque, représentation d’une sensibilité d’entre-deux-guerres. La lecture que nous proposons de faire des romans de Mac Orlan nous amènera à confronter leur esthétique à celle du reportage, en nous attachant à montrer la récurrence de figures et de motifs, à définir les dispositifs narratifs mis en place, et enfin à analyser la construction d’un éthos et d’une « sentimentalité ». A la fois recherche d’une vérité du témoignage, saisie originale du monde contemporain et construction d’un objet social, le « reportage sentimental » permet à une science de la société de se constituer, en même temps qu’une mythologie nouvelle.

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