Marie Sorel

Thèse : Le jeu dans l’œuvre de Montherlant : thème et posture d’écrivain.

Il s’agit tout d’abord de faire apparaître la récurrence du thème du jeu dans l’œuvre romanesque et théâtrale de l’auteur. Le jeu se présente chez Montherlant comme un fil directeur, un principe d’unité dans une œuvre qui s’étend sur une cinquantaine d’années. La corrida, le sport, la guerre, le libertinage et l’imposture, thèmes constamment repris et remaniés par cet écrivain polygraphe, peuvent se lire comme différentes manifestations du jeu. Cependant, le jeu ne peut se réduire à un simple thème. Il se trouve au cœur même d’une esthétique et d’une éthique reposant sur l’alternance, la feinte et la distance. Le jeu est aussi pour Montherlant une posture d’écrivain, ce qui explique en grande partie la réception problématique de son œuvre. L’image controversée de l’auteur est étroitement liée aux contradictions de son œuvre, au refus d’assumer durablement une position. Le jeu auquel l’auteur se livre avec son public se manifeste notamment par l’utilisation débordante du paratexte. Les préfaces, les notes, les avertissements et les carnets, censés guider le lecteur, le renvoient sans cesse aux contradictions et aux incohérences de l’auteur. Le « cas » Montherlant, si déconcertant pour les lecteurs et les critiques, est alors à envisager sous l’angle du jeu, un jeu échappant parfois au contrôle de l’auteur.

• Publications

Articles


Actualités